Bjorn et une éclaircie, deux nouvelles chez Edilivre.com

Bjorn

résumé :
Dans les étendues enneigées du grand nord Bjorn s’aventure à la recherche de quelque chose et se prépare à tenir un rite solennel. Mais pour cela il doit marcher dans la nuit neigeuse, sans se perdre dans l’épaisseur du silence.

extrait :
La neige tombe dans la nuit. Ses pétales flottent mollement, presque immobiles dans l’air. Dans le ciel épais et ouaté ils sont irréels, surnaturels. La température s’est faite plus douce. On dirait que le temps attendait. Les flocons arrivent des cieux comme des messagers qui se déposent sans bruit.

Bjorn marche, ses pas dans la fine pellicule de neige font un bruit d’écrasement mou, crou, crou. Bjorn a, attaché à la ceinture, son couteau qui tinte contre sa hachette à chaque pas, à chaque mouvement de hanche. Ting, ting. Bjorn marche, le jour va se lever dans quelques heures. Maintenant ça s’est intensifié, les flocons remplissent tout le ciel. Crou, crou. Les ting, ting s’envolent discrètement. A peine si Bjorn voit où il marche. Les corps neigeux tombent sans bruit, ils viennent se poser sur ses cheveux, sur son nez et sur tout son corps. Ils tombent toujours, comme des aveugles perdus et maladroits. Au début Bjorn a voulu les chasser mais il sait que c’est vain. Les flocons se déposent sur lui. Ils tombent toujours plus vite et plus nombreux. Maintenant il pleut des morceaux des nuages.

 

 

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Une éclaircie

résumé:
Le récit se déroule à Belfast de nos jours, où un jeune catholique tombe amoureux d’une protestante. Les restes de ségrégation sociale et la méfiance de chaque communauté à l’égard de l’autre sont autant d’épreuves à traverser pour accéder à la liberté. Leur couple sera une éclaircie dans un monde celte où la lumière se bat quotidiennement pour percer des forteresses de nuages.

 

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extrait:
Il y a un petit bois à la sortie un peu plus loin derrière l’église, et c’est là bas qu’elle est allée se recueillir j’en suis sûr, dans ces restes de forêts où grand’mum me racontait qu’elle avait vu une assemblée de fées au clair de lune une nuit qu’elle s’était perdue, oui c’est ça, c’est là bas qu’elle est partie, mais après tout ne vient-t-elle pas de ce pays secret? Elle est si pâle avec sa peau de nacre que des taches de son ont serti comme des joyaux, elle est si rousse que sa chevelure rayonne sous le ciel gris, ses cheveux sont à eux seul une couronne, non que dis-je, ils sont une auréole, c’est ça, je n’avais jamais remarqué à quel point la couleur de ses cheveux et la blancheur de sa peau la rendaient irréelle, surnaturelle. Elle est mon idéal et pour la première fois de ma vie je cours vers lui, j’accepte d’écouter mon cœur, non, ce que je ressens n’est pas une faiblesse, ça n’a jamais été une faiblesse et tu le sais au fond de toi que c’est une grande force, c’est l’amour qui me transporte en ce moment sur ce sentier boueux et quand Aisling me verra courir vers elle elle saura. Aisling sentira la pureté de mes sentiments, elle comprendra, là, dans cette forêt aux vieux chênes moussus comme ce que je ressens a un sens pour nous deux. Là voilà plus loin dans ce petit bout de clairière, c’est une flamme rousse qui vacille sous le ciel gris, elle est la seule lumière sur terre en ce jour d’automne, les arbres l’entourent et tiennent une assemblée de feuilles autour d’elle, et ce qui reste de jour tombe des cieux sur elle et ruisselle, comme pour régénérer toute clarté à la source de cette fée, puis les rayons remontent ragaillardis afin de lutter contre les nuages blafards; que serait notre monde sans ce peuple magique?

Instinctivement je ralentis, puis mes muscles s’arrêtent brusquement pour me laisser prostré dans l’ombre des feuillages. Que m’arrive-t-il? Non je n’irai pas dans la clairière montrer ces sentiments qui enflamment mes yeux, qui consument mon âme au point que je me reconnais à peine. Je resterai là dans cette nuit de forêt pour la contempler, elle est si belle, si irréelle, et moi comme une erreur de la nature je me cache pour profiter de ce spectacle, pour observer secrètement la beauté céleste d’Aisling. Elle se tient là, juste à trente mètres, et la clairière qui forme un puits dans cette mer de feuillages reçoit des colonnes de bruines, des fines guirlandes de pluie qui, trop légères pour tomber , flottent et s’évanouissent mollement dans l’air en captant le gris du temps. Des processions de gouttes descendent et se déposent sur la belle chevelure rousse de cet ange, et Aisling attend debout, la tête levée aux cieux, bénie par ces perles d’eau qui viennent délicates la baiser. Je touche un tronc, épais et rugueux, irrégulier, comme moi, pourtant lui inspire la force et la noblesse quand je ne dégage que la disgrâce.

 

 

 

 

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