Du crépitement sous les néons

Voici un roman court, vif qui se lit comme on boit une boisson forte. Pour ceux qui aiment le récit social noir, avec l’ambiance d’un polar. Bientôt aux éditions ex aequo.

 

Rêver à la tour Eiffel pour ne pas oublier de s’arracher de sa banlieue. Cette fois le délinquant vole pour son salut et arrache une prostituée à son réseau. Fuir pour vivre, partir pour trouver un ailleurs. S’installer dans un monde en paix. recommencer une vie honnête. Mais naître à la liberté a un prix.

Cette course pour la vie est un road movie avec, en toile de fond, une peinture sociale réaliste; la conquête de l’indépendance est une lueur d’espoir dans le monde gris de la banlieue. Mais elle se fragilise progressivement.

Extrait1:

Je reviens le lendemain, avec des habits différents et une capuche sur la gueule pour ne pas être reconnu de ses « protecteurs ».  Je paie ma passe et reste dans la ruelle à lui parler, et à lui renouveler mon offre. Elle refuse toujours mais semble contente de me voir, en tout cas je ne l’emmerde pas. Elle doit croire que je ne suis pas de taille à la sortir de ses emmerdes; aussi quand je lui dis que je suis un bandit dans ma cité et que je pourrai la protéger, elle sourit. Mais comme elle a peur de me vexer, elle m’assure me croire, puis elle me raconte qu’elle a le mauvais œil si elle s’échappe de son réseau. Je lui dis que le mauvais œil ça marche en Afrique mais pas en France, que ses dangers ici sont en chair et en os.

-mais si j’arrivais à te soustraire à tes molosses, est ce que tu me suivrais?

Elle regarde lentement mes yeux, se concentre sur l’un, puis sur l’autre, comme pour les fouiller, très calmement. Puis elle prend le temps non pas de réfléchir, mais bien de peser sa réponse pour que j’en comprenne toute la portée.

-oui, je te suivrais, à l’essai, pour voir si tu peux te faire à moi. Mais toi, est ce que tu es prêt à prendre des dangers pour ça?
-oui, oui, je suis prêt.
-alors c’est d’accord. On verra.
-tout ça ressemble à une demande en mariage, non?
-si tu veux, à une grosse prise de risque surtout, tu le prends avec beaucoup de légèreté, si bien que je me demande si tu en as compris tous les enjeux.
-rassure toi. Laisse moi encore t’impressionner.

 

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