Eglantine, un récit chez Edilivre.com

 

 

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Résumé:
Réapprendre à vivre, c’est ce que souhaite faire cette jeune licenciée quand elle sort d’un coma après un accident de la circulation. Elle décide de quitter Paris pour vivre dans la maison familiale en limousin, afin de faire le point sur sa vie.
Dans une nature exigeante, qui agira sur elle comme un baume pour l’âme, elle passera ses journées à marcher en forêt, à dessiner et à lire. Entourée de voisins taciturnes mais vigilants, elle apprendra à observer le monde qui l’entoure, afin d’y trouver sa place et panser ses blessures. C’est un texte sur la reconstruction de soi, au rythme lent et apaisant.
Extrait:

Le sentier descendait abrupt le flanc de la colline, il s’enfouissait sous les feuillages en formant un tunnel et vous donnait l’impression de faire de la spéléologie dans le ventre de la forêt. Arrivée en bas j’entendis la rivière rire de sa voix claire. De grosses pierres avaient été posées à travers l’eau pour faire un passage. Vous deviez sauter sur chacune d’elle pour accéder à l’îlot qui se trouvait au centre des eaux. Je descendis des berges pour me tenir sur une d’entre elles. J’observais le pont de fortune jusqu’à la petite île. Il y avait du courant dans le lit de la rivière et peu de profondeur où je me trouvais, où émergeaient plusieurs bancs de sable. Je montais dans l’île et m’assis sous le grand frêne qui avait poussé penché, comme pour veiller les eaux de près, comme pour profiter de leur spectacle, sa chevelure tombait et faisait de petits rubans qui filaient langoureux vers l’onde. Je me levai pour avoir une vue de l’ensemble et la rivière s’élargissait plus loin, plus profonde, elle avait un courant plus rapide et s’enfonçait sous un tunnel d’arbres. Je descendis sur une plage de sable. Je pris des cailloux que je lançais contre le courant. La rivière était percutée mais elle avalait son assaillant, indifférente et se ridait comme avant. Je choisis des cailloux plats et commençai des ricochets. Au bout d’une dizaine de lancers j’avais retrouvé mon niveau de jeune fille, et les rires sortis des écoulements des roulis semblaient des acclamations. Le soleil se penchait déjà vers l’ouest et au moindre souffle d’air les feuillages perdaient de grosses gouttes de pluie comme des perles bruyantes. Je levais mon nez aux cieux. Les épées du soleil trouaient l’intimité des branchages et je me rendis compte que la voix de la rivière m’avait bercée, qu’elle était présente comme pouvait l’être l’océan. C’était un bruit continu, un écoulement d’eaux que vous ne remarquiez plus mais qui vous habitait, la rivière roulait ses assonances cristallines et ses bulles nées du mélange des roulis éclataient de sons aigus comme des clochettes. L’hiver allait arriver. Je lançais d’autres ricochets puis m’assis sur le sable. L’eau coulait, elle volait mon attention, elle me charmait, son chant m’emportait. Je fus heureuse et je me vis ici avec près de moi un jeune enfant à qui j’apprendrais à faire des ricochets. Je me vis ici avec mon enfant et je souriais à ce visage qui m’aimait. Je respirais plus vite mais des larmes étaient montées en foule à mes yeux et je sentis leur coulée chaude sur mes joues. Je pleurais un peu, mais je pleurais de joie. Je me sentais bien ici, je sentais que j’étais chez moi. Je sentais qu’un jour j’aurais un enfant.

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