La fin des âges perdus

Viennent les temps sombres de la fin d’un âge.

Pourquoi les hommes sont ils devenus aussi creux, au point de devenir violents? Au point que la montagne mère libère des monstres des bois?

Tapie dans les bois, une ogresse détourne la magie des gnomes pour manger les voyageurs en leur faisant vivre leur cauchemar.
Apprenez comment Bjorn, orphelin en quête d’un monde meilleur, tombe amoureux d’Ilda, la servante de l’ogresse. Comment l’enfant surmontera ses angoisses pour échapper à la mort.

Seule la forêt peut offrir un refuge, car elle est un sanctuaire pour les enfants amoureux.

Mais Bjorn et Ilda se rendent en ville. Dans une cité de marchands qui a prononcé le divorce de l’homme et de la nature les enfants seront pourchassés par des citadins devenus une foule de sans-âme. C’est alors qu’une armée de gnomes et de lutins, commandée par une vouivre, déclarera la guerre.

Viennent les temps sombres de la fin d’un âge. Les ténèbres s’étendent au dessus d’une poésie crépusculaire.

 

1é extrait:

Bjorn quitte la ferme où il était journalier
Pour ses onze ans ses maîtres l’ont trop corrigé
Ils l’ont battu, Bjorn les a même supplié
Mais eux riaient, alors sans bruit il a fugué.

Depuis il a marché deux jours vers la forêt,
Les beaux jours l’ont encouragé à tout quitter
Les montagnes surgissent derrières les futaies
Avec leur tête enneigée; quitter, recommencer.

Il a son baluchon avec des provisions
Il rit, ce sont les premiers jours de ciel bleu
Sa liberté? une euphorique impression.
Il croit en l’harmonie du monde et c’est tant mieux.

Il pénètre une forêt odorante
Aux arbres immenses dont la force est douce,
Il y a ces rayons d’or tel les jambes errantes
D’un dieu lumineux qui caresse les mousses.

Il croit que tout devait être écrit quelque part
Ce qui arrive a une cause et une fin
C’est ce qu’il se dit mais qu’aussi il est tard,
Et Bjorn a peur du noir, des monstres et des lutins.

 

2è extrait:

Ils se regardent et se taisent tous les deux
Ilda est brune et elle a un beau visage
Sa présence rassure Bjorn, il se sent mieux.

Ils s’observent sans bruit, dehors le vent rage.

« -Tu viens avec moi ? » Bjorn dit ça sans réfléchir
C’est un appel, un besoin qui va l’étouffer
Près d’elle il est bien et ne se voit plus partir.
Elle sourit, son regard sait le caresser.
Il attend sa réponse dans le silence
Et les animaux s’approchent pour observer
Comme une foule de curieux qui avance.
Bjorn espère, craint d’avoir trop vite parlé,
Mais continue de fixer les grands yeux curieux
Et cette bouche calme qui ne s’ouvre pas
Mais qui goûte à ce pouvoir sur lui si précieux.
Bjorn a dit les mots qui le brûlaient pour Ilda
« -Tu viens avec moi ? » c’est anodin mais beaucoup,
Et les deux savent les non-dits qui se cachent,
Bjorn transpire légèrement dans le cou.
Le silence est coupé par une des vaches
Qui semble dire mollement qu’elle s’ennuie.
Bjorn baisse les yeux, il trouve Ilda jolie
Son émotion est une vague qui grossit,
Il sent que la fille l’observe pendant qu’il rougit.
« -Oui ». Ilda a laissé tomber ce mot des lèvres
Et Bjorn lève à nouveau les yeux sur elle,
Elle le trouble et l’a sauvée de la fièvre
Elle a la grâce d’un ange et elle est belle.
Bjorn la regarde et lui fait oui de la tête
Entendus sur les risques qu’elle prend ainsi.
« J’ai du fromage » dit-elle. Ils s’apprêtent,
Elle lui prend la main, le jour les voit unis.

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